C’est ainsi que l’on pourrait résumer le DSD, le Deutsches Sprachdiplom, une certification officielle créée par la Conférence des ministres de l’Éducation des Länder allemands. Un diplôme reconnu à l’international, entièrement facultatif au collège, mais que certains choisissent volontairement. Par défi. Par ambition. Ou simplement parce qu’ils veulent aller au bout de ce qu’ils entreprennent. Cette année, j’en faisais partie.
La préparation s’est étalée sur plusieurs semaines, principalement en AP Allemand. Des heures de travail, que ce soit en groupe classe ou en AP, où l’on avançait à un rythme adapté. Pour l’oral, la situation était particulière : comme Madame Conte faisait partie du jury du DSD, elle n’avait aucun droit de regard sur la préparation de notre exposé. Après nous avoir expliqué précisément comment se déroulait l’épreuve, nous avons donc dû travailler entièrement de notre côté. Les sujets n’ont parfois été choisi que tardivement et chacun a construit son exposé seul, chez soi, sans répétition collective. Une préparation silencieuse, presque en coulisses, où l’on espère être prêt le jour J.
Le mardi matin, tout commence. À 9h00, la compréhension orale ouvre le bal : quarante minutes d’écoute, de QCM, de tableaux à remplir, d’images à associer. Une voix allemande qui défile, parfois rapide, parfois claire, parfois moins. Il faut suivre, noter, comprendre, sans perdre le fil. Une pause de quinze minutes permet de respirer avant la suite.
On poursuit avec la compréhension écrite pour une durée d’une heure. Un texte dense, des questions précises, des titres à associer, des informations à retrouver. C’est là que la difficulté se fait sentir. Le texte résiste, les phrases s’enchaînent, et il faut s’accrocher pour en extraire le sens. Une épreuve longue, exigeante, dont la réussite a été mitigée mon côté. Une nouvelle pause permet de souffler avant l’expression écrite.
L’expression écrite porte sur le thème des déchets, appuyée par quatre témoignages à intégrer. Nous avons 75 minutes pour construire un texte structuré, clair, argumenté. Malgré la fatigue, j’apprécie cette épreuve. Le côté créatif, la liberté d’expression, la possibilité de construire quelque chose : c’est ce que je préfère dans les exercices de rédaction. La matinée s’achève sur cette note plus personnelle.
Le jeudi, l’ambiance change. L’expression orale se déroule sur convocation individuelle, et l’attente devient une épreuve à part entière. Une attente dans un couloir…On regarde l’heure, on relit son plan dans sa tête, on se demande si on est prêt… À 11h40, c’est mon tour. Une porte s’ouvre, et tout bascule. À l’intérieur, deux professeurs, une table, trois étapes : cinq minutes de questions personnelles, cinq minutes d’exposé, cinq minutes d’échange. Sur le papier, tout paraît simple. En réalité, c’est une autre histoire. Le texte que l’on a répété chez soi semble soudain moins docile. Les phrases hésitent, la voix tremble un peu, le stress s’invite sans prévenir. Je présente le modélisme ferroviaire, une passion que je pratique depuis l’enfance. Parler de quelque chose qui me tient à cœur m’aide à me lancer, mais l’épreuve reste intense. Les questions du jury sont variées : famille, origines, sport, mais aussi des points plus techniques sur mes trains, le temps que j’y consacre ou la manière dont je construis mes modules. Il faut comprendre vite, improviser, répondre avec ses propres mots. Un exercice mental autant que linguistique.
En sortant, un mélange de soulagement et de fierté. Le DSD n’est pas seulement une série d’épreuves : c’est une expérience qui oblige à se dépasser, à gérer la pression, à affronter ses limites. On en ressort différent, un peu plus sûr de soi, un peu plus conscient de ce que l’on est capable de faire. Et surtout, avec la certitude d’avoir accompli quelque chose qui compte.
Avant de refermer cette aventure, je tiens à adresser un remerciement particulier à Madame Conte, notre professeure d’allemand. Pour son accompagnement, sa patience, sa confiance, et pour avoir rendu possible ce défi que nous n’étions pas obligés de relever, mais que nous avons choisi d’assumer. Sans elle, cette expérience n’aurait pas eu la même valeur.
Augustin Girard, Élève de 3°A
